25.04.2005
Tout à commencé
Mes premières machines programmables
Je sais çà fait un peu dinosaure et vieux con, mais je ne résiste pas à la tentation.
Ma première calculatrice c’était en 1ère et en 1975 une Casio, elle faisait 4 opérations, les racines carrées et … c’est tout. C’était le luxe suprême. Et j’ai passé mon bac avec une règle à calculer et une table de logarithmes. Les calculettes étaient interdites. 
Ma deuxième calculatrice avec, en 77, des fonctions très avancées… et enfin en 78 ou 79 ma première calculatrice programmable (enfin restons calme 40 pas de programme je crois et le tout en notation polonaise inversée).
Pour les plus jeunes, il y avait deux camps les utilisateurs de TI (Texas Instruments) et les fanas HP et de la notation polonaise inversée (pas de parenthèses, plus rapide et très proche du langage machine). Un HP 33e. J’ai passé mon BTS avec cette machine puis la suite. Je me la suis fait voler en 1982, c’est con, j’aimerais bien m’y remettre. Si jamais quelqu’un connaît un site d’émulation HP 33e, je suis preneur.
Mon année de fac à Dijon, en « licence de microélectronique appliquée à l’informatique » en 80-81, j’ai commencé sur un premier micro monté en kit. Pour les amateur : un Z80 (le processeur mythique), un clavier hexadécimal et une dizaine d’afficheurs. 1 Ko de programmation sur un Eprom.
Et en parallèle, l’université de Dijon a acquis 8 micro-ordinateurs, les premiers en libre service, des TRS-80 de Tandy. Pas d’affolement – RAM : 16 ko (ou des k et pas Mo ou des Go), Z80 et le tout avec comme sauvegarde des magnéto à K7. Un seul disposait de 32 Ko, d’une imprimante et d’un lecteur de disquette de 160 ko environ. 
Sur ces micro, il y avait CP/P (l’OS de Digital Research), un Basic et en cours d’année nous avons eu le premier traitement de texte : WordStar.
A la sortie de la fac, j’ai tout de suite bossé en septembre 1981, dans une jeune société créée par des transfuges de Bull Micral : Fimatic International. Une vingtaine de personnes qui travaillaient à concevoir et à fabriquer des micro-ordinateurs. Les trois fondateurs faisaient partie de l’équipe d’André Truong (le père du micro-ordinateur dans le monde, disparu en avril 2005). J’ai découvert ce qu’était l’OEM (Original Equipement Manufacturer) : on améliorait et transformait des LX 500 de Logabax et des Micral. L’OS roi était le Prologue, ainsi que CP/M. Ces inventeurs fous avaient conçu un petit micro, connectable sur un téléviseur, en couleur et utilisable à domicile ! Faute de ressources suffisantes, cette société a disparu, mais cette expérience fut riche en rencontres et connaissances.
Après quoi, en mai 1982, je suis rentré au service informatique de la Mairie de Beaune où trônait un mini DEC PDP-7, mono utilisateur en Fortran. Et je venais pour exploiter, démarrer, développer sur le tout nouveau Bull DPS-61 (ancêtre du mini 6) en GCOS et Cobol. Parallèlement Benoit Dagaud, rencontré chez Fimatic, bossait pour une société lyonnaise qui distribuait du matériel IBM 23 (micro/mini) et des machines traitement texte IBM VisioText. Benoît, dans son labo de Dijon a adapté un OS (CP/M) et développé une interface pour connecter une imprimante standard sur cette machine dédiée et très fermée. En 1982, il m’a montré un nouveau truc, un logiciel nommé dBase, déjà distribué par La Commande Electronique et un autre logiciel génial : SuperCalc (Computer Associates). Je passais mes soirées et week-end dans le labo de Benoît et de la société Gessy Informatique, créé par un ex soixante-huitard de Gray comme Benoît : Bernard Berthel. Très vite Bernard Berthel, m’a dit : « tu devrais regarder dBase, je suis convaincu qu’on peut faire un malheur avec çà ». Ils sentaient tous les deux que la « micro » arrivait et qu’il ne fallait rater la première étape.
Dès le début 1983, je prenais des journées de congés pour faire de l’avant vente avec Bernard, à Lyon, Annecy, Grenoble. C’est là que j’ai été piqué par le virus de la démonstration en public. A l’époque montrer un micro et un gestionnaire de fichier, avec lequel on pouvait facilement faire un tri et créé un état (report), c’était du jamais vu. A la maison j’ai eu un TI99-4A.
Après avoir passé et réussit le concours de rédacteur à la Mairie, j’ai démissionné pour bosser comme « technico-commercial » chez Gessy à Lyon. Dès novembre j’ai commencé la grande aventure du PC, puisqu’il arrivait en France et nous avons eu nos deux premiers PC avec leur imprimante IBM (Epson LX 80).
Oh le premier PC IBM c’était un Intel 8088, 64 Ko de RAM, deux lecteurs de disquettes 360 Ko et un écran monochrome vert. A la maison j’ai eu une machine très belle (pour l’époque), en alu brossé et qui s’intégrait sous le téléviseur, un Sanyo 550.
J’étais le « M. PC » de Gessy à Lyon et pour les agences d’Annecy, St Etienne et Dijon. A l’époque la sélection de produits était simple : si MS Flipper et Flight Simulator fonctionnaient, on avait de grandes chances pour qu’il soit compatible avec l’IBM PC. A cette époque arrivait Lotus 123 (tableur), Multiplan, Textor (TTX), Harvard Graphics et dBase.
Cette grande aventure exaltante a continué avec l’arrivée du transportable chez IBM (machine à coudre), le M24 d’Olivetti et le fameux HP150 (micro à écran tactile et imprimante intégrée). Après le PC XT (avec disque dur de 10 Mo) puis le PC AT (80286, disque de 30 Mo) sont apparus.
A la maison j’ai eu mon premier IBM XT super gonflé… Avec souris, écran couleur et monochrome, coprocesseur graphique…
Après deux ans d’aventure, une crise économique concernant la mémoire RAM, une réorganisation du marché de la distribution… j’ai fait un passage par Dijon où j’ai pris un poste de prof d’informatique avec Philippe Chabant en 1985. Nous avons été réquisitionnés pendant les vacances pour former les prof et les instits de l’Education Nationale à l’informatique dans le cadre du plan informatique pour tous. Le nanoréseau, les TO7, MO5 et PC Logabax, Olivetti ou Goupil en tête de réseau.
Ensuite je suis parti à Paris, et j’ai commencé dans la SSII Answare, comme spécialiste bureautique. J’ai bossé chez FiatAgri sur des Bull Micral, chez Thomson Composants (devenu ST Micro-electronics) sur des PC HP et IBM avec les premières imprimantes laser HP et une messagerie internationale privée (ancêtre des messageries Internet), la messagerie de Mc Donell Douglas. On s’y connectait via des modems à coupleur acoustique à 120 ou 300 bauds (c'est-à-dire baud = 1 bit/s). En parallèle je donnais des cours de réseau et télé-informatique aux inspecteurs de maintenance Bull sur des Mini 6 et des Questar 400.
Ensuite, je suis rentré comme « ingénieur avant-vente », chez le distributeur GTI Informatique à Montparnasse. Cette année là, IBM pour contrer l’invasion des compatibles, a sorti une énorme gamme de PS/2. A l’époque on était dans la guerre des bus MCA pour IBM et EISA pour Compaq. J’ai suivi des formations sur le PC Lan puis le réseau IBM Token-Ring. Ethernet était surtout présent dans le monde Digital et Unix. Un certain Christophe Abher, m’a convaincu de m’intéresser au TTX WordPerfect. Une aventure qui a duré des années en formation et développement. Un produit génial, qui malheureusement n’a pas réellement survécu. A la même époque j’ai découvert les premières versions de NetWare de Novel.
Et ensuite en 1989, Michel Motro m’a demandé de le rejoindre chez Métrologie France (grossiste, 800 personnes) pour mettre un peu d’ordre dans la bureautique, le réseau et la formation. J’ai découvert 3+Share de 3com, MS Lan Manager et des tas de produits et aussi rencontré des amis dans une ambiance extraordinaire. Mon PC à l’époque était un tout petit PC gros comme un Quid, la Brick d’Ergo, que Métrologie implantait en France. Une machine très novatrice, qui pourrait rivaliser avec le tout petit Mac actuel.
J’ai aussi rencontré grâce à Janine Bonnafou ma responsable chez Answare, Catherine Odin. Elle aussi a travaillé dans l’équipe de Janine et pigeait pour InfoPC. Nous avons alors écrit notre premier livre « Choisir son réseau local » chez Armand Colin, pour un directeur de collection nommé Emmanuel Alexandre.
Avec Catherine, nous avons ensuite monté une collection chez Dunod : Bien choisir. Nous avons écrit « Bien choisir son PC », Janine a écrit « Bien choisir son traitement de texte », et Laurent Francfort encore chez Métrologie à cette époque « Bien choisir son environnement ». Un jour je suis tombé sur une annonce, c’était en octobre 1991. Un éditeur américain recherchait… mon profil : spécialiste réseau, pédagogue et capable de rédiger. Le rédacteur en chef de PC Expert était un certains Emmanuel Alexandre et je suis rentré chez PC Expert pour monter le labo réseau et animer la chronique.
La suite dans l’article … Ca y est j’écris !
20:30 Publié dans Numérique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
Merci Pascal pour cette leçon d'histoire :) ça fait du bien de découvrir les ancêtres de nos ordis dernière génération !
L'informatique, c'est l'évolution technologique la plus rapide !!! plus rapide que le téléphone, la télé !
Ecrit par : laure | 30.01.2009
C'était avant ou.. après.. la formation des Alpes ?
Sinon super article, je l'avais déjà lu mais quel plaisir à relire !
Ecrit par : Seb | 31.01.2009
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